Le Tombeau des Glaces

Voici quelques extraits de mon roman: ‘Le Tombeau des glaces’ qui fait suite à la trilogie « Les Chroniques de Fundatis »

Extrait 1:    Un petit clin d’oeil au cycle Arthurien !!

Une fine pluie avait commencé de tomber, quasiment un brouillard recouvrant peu à peu le paysage alentour. Puis, le ciel s’était assombri, devenant menaçant. Des éclairs zébrèrent le ciel, éclats de lumière dans la noirceur. Les gouttes étaient devenues plus lourdes et bruyantes pour devenir de véritables rideaux ininterrompus. Pourtant, deux silhouettes se faufilaient de maison en maison, rapides et furtives. Un éclair plus violent éclata au dessus du champ où s’allongeaient les tombes, légères bombures claires. L’espace d’un instant, les deux ombres se regardèrent. L’une d’entre elles, après avoir soigneusement observé de droite et de gauche interpella son camarade :

-Es-tu sûr que c’est le bon jour ?

-T’inquiète pas ! Un soir de tempête, c’est l’idéal.

D’un commun accord ils avancèrent vers le milieu du champ, insensibles à la pluie qui tombait drue. L’aîné, les cheveux bruns et longs attachés par un catogan regarda le second. Celui-ci, aux cheveux bouclés et châtains éclata de rire :

- Je t’assure, Yennlinn que ça va marcher !

-Ecoute, Artus, on devrait peut être renoncer ?

-Si près du but, tu veux rire ?

D’un bond, le gaillard fut près de la roche qui dominait les tombes, presqu’irréelle. En son centre, une épée brillait, luisante à la lueur des éclairs. Artus s’approcha, s’essuyant les mains contre sa veste. Bandant tous ses muscles, il saisit la garde de l’arme, tentant de l’extraire de la pierre. La pluie lui gifla le visage mais Artus tint bon. Une dernière fois, le jeune homme tira à s’en décrocher les bras tellement il y mit de l’énergie. Mais rien n’y fit ! Jurant, le jeune homme regarda son compagnon.

-Essaye, toi !

Yennlinn soupira. Visiblement, l’idée de son ami ne le motivait pas. Comme à regret, il se dirigea vers la pierre et se cramponna au pommeau de l’épée. S’arque boutant, le jeune homme tira de toutes ses forces. Autour de lui, la pluie crépitait, implacable. Yennlinn cria, mettant tous ses efforts dans le geste. Malgré cela, l’arme ne bougea pas le moins du monde. A ses côtés, Artus éclata de rire :

-Allez, ce n’est pas pour cette fois. On rentre !

Yennlinn fit la grimace et éclata de rire à son tour.

-Ouais, je crois qu’on est assez trempés comme ça, pas vrai ?

En courant, ils quittèrent les lieux où l’épée sertie dans la roche brilla encore, comme pour se moquer de leur témérité. Rapidement, les deux jeunes se dirigèrent vers une grange proche où ils se déshabillèrent, essorèrent leurs vêtements qu’ils remirent aussitôt, insouciants. Yennlinn interrogea celui qu’il considérait comme son jumeau. Seuls trois mois les séparaient et même si l’un habitait en Branicar et l’autre en Armor, tous deux se retrouvaient dès qu’ils le pouvaient.

-T’es vraiment sûr de la prophétie, Artus ?

-Oui, ici tout le monde y croit. Un soir de tempête, un homme se dirigera vers la pierre des âges. Il en extirpera l’épée qui s’y trouve logée depuis des siècles. Par son savoir, il deviendra roi ! Par son pouvoir, il fédérera les peuples !

-Eh bien, faut croire que ni toi ni moi ne sommes faits pour être rois, Artus !

Extrait 2:

Un cri joyeux sorti de la gorge du garçon alors qu’il plongeait à grande vitesse vers la vallée. Il entendit un rire cristallin proche de lui : Daïna sa sœur. Piquant sur le côté, elle rasa Aïla qui sentit les ailes du dragon saphir passer à trois pouces de ses cheveux. Tirant sur les rênes, Aïla suivit sa cadette dans ce ballet aérien. Chevaucher un dragon avait quelque chose de merveilleux ! Tout semblait possible. Une ombre gigantesque cacha un instant la lueur du soleil tandis qu’une voix mentale ordonnait :

-Cessez ce jeu immédiatement et rentrez sur Kryptoros!

Cette voix, ils ne la connaissaient que trop bien ! Pâsima la dragonne dorée. Rétif, Tilkan le cuivre, chevauché par Aïla tenta de biaiser. Le jeune dragonnier sentit l’onde psychique qui les balaya, impérieuse.

-Inutile de me résister !

Penaud, Aïla suivit docilement sa sœur Daïna. En quelques battements d’ailes, les deux dragonniers furent au large de l’île : Kryptoros, patrie des Aïna-Sin leur peuple. Aïla admira une fois encore les falaises de calcaire doré. Maîtrisant parfaitement sa monture, il se posa sur le grand champ qui servait de piste d’envol. A peine fut-il au sol qu’une silhouette bondit vers lui, ses cheveux brillant au soleil. Aïnala, la lumineuse, premier dragonnier !

-Nous avions pourtant été assez claires avec Pâsima il me semble ? Que trouveras-tu comme excuses cette fois-ci ?

Le garçon aux muscles noueux soupira :

-Ecoute…

-Non ! Pas cette fois. Vous êtes interdits de vol pendant une semaine !!

-Mais, Aïnala !, tenta Daïna à la silhouette svelte et gracieuse.

Aïnala lui sourit car elle aimait particulièrement ces enfants devenus adultes. Le premier dragonnier se rappelait encore comment ils avaient tissé le lien avec leurs dragons. (7) Moment intense… Pourtant elle fronça les sourcils.

-Combien de fois devrai-je vous dire qu’il est dangereux de vous exposer de la sorte ?

-Nous…nous étions hors de vue, Aïnala !, répliqua Aïla.

-Peut être vis-à-vis des humains mais eux peuvent te vois, te sentir !!!

Aïla regarda sa cadette qui baissa la tête, honteuse. Oui, bien sûr, tous deux le savaient. Des ébènes étaient nés et volaient sans doute quelque part, hors de portée. Des dragons noirs, leurs mortels ennemis ! Aïnala leur rappelait chaque jour de leur enseignement :

-Les Aïna-Sin doivent veiller sur le Monde. Nous en sommes les gardiens et gardiennes !

Aïnala, aussi belle qu’intransigeante. L’un des pères spirituels, Silaï, était mort et la lumineuse était chargée de maintenir les jeunes Aïna-Sin actifs.  Course à pied, combat à mains nues, utilisation de toutes les armes connues et bien sûr, le vol à dos de dragons.  Depuis dix huit ans, Tilkan le mâle cuivre et Valki la femelle saphir avaient forcis et gagné en puissance. Aïla dut encore reconnaître que lui et sa sœur demeuraient encore des enfants.

Extrait 3:

Josh et Rosh en étaient à leur deuxième chope d’ale, regardant le va et vient du port de Waroub lorsqu’on les interpella :

-Je peux tout vous dire sur votre avenir, messires !  Et cela pour un adamira seulement.

Tous deux se tournèrent vers la femme qui les hélait : une gitane aux robes multicolores. D’un geste impatient, Rosh fit mine de la chasser. L’œil brillant, elle s’approcha.

-Pas gentil ça pour un homme de lumière, même s’il recherche son contraire !

Amusé, Josh la regardait faire, ayant nettement perçu la surprise chez son ami.

-Cesse tes devinettes avec moi, veux-tu ? Qu’as-tu à dire ?

La demoiselle ricana :

-Tu portes la marque de l’ombre, messire l’impertinent ! Comme c’est curieux..

Autour d’eux, les regards se firent insistants. Josh cligna de l’œil à l’intention de son compagnon.

-Cette jeune femme a sans doute quelque chose à nous montrer par ici. Si on y ajoute un ou deux adamiras…

Les hommes attablés ricanèrent. La gitane se contenta de sourire.

-Oh, sans problèmes ! Les voyageurs ont bien des choses à apprendre dans ce pays !

De nouveau les clients de l’auberge rirent. D’un pas décidé Josh se dirigea vers le bar où il paya les consommations. La gitane fit un sourire charmeur.

-Pas un marrant ton compagnon, pas vrai ?

Josh éclata franchement de rire.

-Ah toi alors ! Je ne sais pas d’où tu sors mais…

A cet instant Rosh vint les rejoindre.

-Bon, on y va ?

Elle leur fit une courbette exagérée.

-Par ici, messires !

D’une voix forte, la jeune femme ajouta :

-Bientôt, vous connaîtrez les merveilles de Waroub et de ses environs !

Un homme corpulent chuchota à leur départ :

-En voilà deux qui vont se voir délester de leur bourse d’ici peu…

L’autre s’esclaffa. Plus loin, la gitane avançait d’un bon pas, sans un regard en arrière. Rosh interpella son ami :

-Crois-tu vraiment que c’est notre contact ? Une bohémienne ?

-Ne t’as t’elle pas parlé de noirceur en opposition à la lumière ?

-Bonimenteries de gitan !

-Ah oui ! Alors, pourquoi marches-tu aussi vite ?

Le masque sévère du mage tomba et un sourire se dessina sur son visage.

-Tu as tout de suite deviné qu’elle s’intéressait à moi, hein ?

-Une gitane avec un mage, non mais je rêve là…

-Arrête un peu, Josh ! Ce n’est pas ce genre d’intérêt auquel je pense.

Josh cligna de l’œil. Aussitôt, Rosh lui donna une bourrade dans l’épaule.

-Tu m’as encore eu cette fois !

Les mages regardèrent vers l’avant, constatant que la jeune femme les attendait, assise sur un solide casier pour la pêche. Seul un canot passa assez loin pour que ses passagers ne s’étonnent pas de ce regroupement. Rosh s’approcha :

-Qu’y a-t-il donc à voir par ici ?

Elle éclata de rire :

-Oh mais rien, absolument rien ! Enfin je dois avouer que vous jouez parfaitement les voyageurs prêts à gober la première nouvelle originale…

Rosh se crispa :

-Ah parce que…

-Du calme, mage ! Si tu voyais ta tête. Je suis Hortusi et ne fait qu’interpréter les signes ! (14)

-Qu’as-tu à nos révéler ? , s’impatienta le mage.

La jeune femme ne s’offusqua en rien de ce comportement.

-On pourrait peut être faire connaissance, non ?

Josh qui venait de les rejoindre se retint de rire. Cette bohémienne avait du toupet et cela lui plaisait. Il se présenta en premier :

-Je me nomme Josh Kirn et voici mon maître et ami, Rosh Dari ! A qui avons-nous l’honneur de parler ?

La gitane s’inclina avec grâce.

-Lierre Sylva, du clan des saules ! Votre contact local. Alors comme cela les ébènes sont de retour ?

Rosh la dévisagea, hébété. Lierre poursuivit :

-Tu me sembles assez peu savant pour un mage !, lança t’elle, perfide. Les Hortusis savent ce que beaucoup ignorent…

Josh riposta :

-Et alors, qu’avez-vous donc découvert ?

-Les ébènes ne sont pas en Naktar-San !

-Et pourquoi donc ?

Lierre dévisagea Rosh avant de répondre :

-Parce que l’empreinte de la dorée reste dans les mémoires !



Les Chroniques de Fundatis

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A l’origine c’est une trilogie racontant les aventures de Jean Tréblec, chasseur d’œufs rares qui vit dans un pays nommés Sardis. Homme simple, il se verra affronter toutes sortes de dangers, rencontrera l’amour ainsi qu’ une série de personnages divers et fantastiques…

Le premier tome se nomme : Le Cristal des Mondes.

Ecrit entre 1995 et 1997, il a été refusé par les éditeurs pendant deux ans ! Ce qui ne m’a pas empêché d’écrire la suite…J’en ai terminé la réécriture en mai 2010,  y ajoutant l’histoire parallèle d’Artabos le chroniqueur. Ce livre est divisé en deux épisodes: Le Cristal des Mondes et le Temps des Alliances.

Le second tome se nomme : Le Talisman de Bélisen

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Ecrit de 1997 à 2002, il a été publié à compte d’auteur, ce que je regrette… C’est la suite des aventures de Jean le rêveur qui, cette fois, est accompagné d’une Princesse et devra découvrir le secret du talisman offert par une prêtresse…  Ce livre se divise en deux épisodes: Le Talisman de Bélisen et les Fortins de Séglor.

Le troisième tome se nomme : Les Roses d’Ebulia

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Ecrit de 2002 à 2007, il est paru en 2009 et disponible à mon adresse mail ou lors des dédicaces. C’est le dernier tome des Chroniques que j’ai choisi d’éditer en deux tomes : Les  Roses d’Ebulia et Le Dragon d’or. Jean et sa compagne Ysaline de Branicar, à l’occasion d’un voyage dans le sud, vont voir leur vie bouleversée…Apparition cette fois de dragons et d’autres surprises ! 


 

Pour obtenir mes livres, me contacter par e.mail: yanndarmor@outlook.com

 

Voir article suivant pour les extraits de ces livres.

Et la suite ?

 

Quand on a le virus de l’écriture, ça ne s’arrête pas ! Alors, à la suite  des ‘Chroniques de Fundatis’, j’ai écrit ‘ Les Enfants de Rochebrune ‘.

Cette fois les héros explorent le Nordst de Fundatis ! Car Jean Tréblec est devenu Jean de Rochebrune par la volonté de son beau-père le Roi Andracos 1er. Et bien sûr des enfants sont nés avec le temps: Yennlinn et Solenn. 

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Les Extraits de la trilogie !

Ces pages ont pour but de vous inciter à me lire, bien sûr !! Je vais donc vous présenter plusieurs passages de chacun des trois livres. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter par mail : jeanloupchevillard @yahoo.fr

        

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Les Chroniques de Fundatis

 Livre 1:  Le Cristal des Mondes

   * Extrait 1 : 

Etonné, l’œil moqueur, le jeune homme  se retourna et faillit se demander s’il ne perdait pas la tête. Il n’était pas dans ses habitudes de boire de l’alcool, encore moins au lever. Mais là, l’apparition était si extraordinaire, si étrange, qu’il se pinça les lèvres tout en fermant les yeux, pour voir s’il ne rêvait  pas. Lorsque Jean les rouvrit, il constata que le personnage campé en face de lui était bien réel.

 

D’une hauteur d’environ un pied, il semblait sorti de nulle part. Son habit était de couleur verte. Composé d’une sorte de veste ample attachée par un gros ceinturon où pendait une espèce d’épée à l’allure ancestrale, il donnait à l’individu la silhouette de ces hors- la- loi que l’on craint fort. Un pantalon étroit, de même couleur, et de grandes bottes complétaient le vêtement. Sur le haut du crâne, un chapeau allongé où se trouvait plantée une plume, finissait de donner au gaillard le genre de ces héros de contes légendaires.

 

- Qui es-tu toi, pour venir perturber la quiétude de ces lieux ? Qui t’envoie ici ? Il n’existe aucun être comme toi dans le Royaume. Ne serais-tu pas une de ces créatures des ténèbres ?

 

Fronçant les sourcils, le ramasseur regarda le petit être:

 

- Dis donc l’ami, je te signale que tu te trouves sur mes terres et que c’est plutôt toi qui perturbes les lieux…

 

Mais le personnage, comme s’il n’entendait pas, émit une sorte de sifflement qui tenait à la fois du cri du merle effrayé et du vent soufflant le long des toits lorsque la tempête butte sur les maisons. Aussitôt, en apparurent d’autres, les uns barbus, les autres avec de longs cheveux, mais portant tous cet accoutrement. Tréblec que l’on appelait « Jean le rêveur » au pays, voulut esquisser un geste mais il n’en eut pas le temps. De partout, jaillirent des cordes et des grappins qui eurent tôt fait de le faire basculer, le rendant incapable de bouger.

 

* Extrait 2 :

 

- Pourquoi ris-tu, Jean le rêveur ? Ne sais-tu pas que mon peuple a besoin d’eau pour vivre et s’expose à un réel danger s’il reste trop longtemps à l’extérieur ! Approche-toi que je puisse te voir de plus près…

 

Atteignant la rive, Jean resta bouche bée devant celle qui venait de surgir des profondeurs. De même apparence qu’Owenn, celle qui avait parlé ainsi était d’une beauté surprenante. De longs cheveux d’un vert émeraude tombaient sur les épaules de la demoiselle au corps brillant comme la lune le soir dans le ciel. Cette jeune personne possédait un charme fou et Jean fit un pas vers l’eau pour la rejoindre, en proie à une attirance presque magnétique. Un peu sévère, la voix retentit de nouveau :

 

- N’as-tu jamais vu de femme, étranger, pour me regarder ainsi, bouche ouverte comme une carpe ? Qu’ai-je donc de si particulier ? Décidément, tu es amusant ! Bran ne m’avait pas prévenue de ton attitude. Peut-être n’as-tu jamais rencontré quelqu’un comme moi auparavant ?

 

Jean retrouva alors la parole, ne pouvant cacher un rougissement soudain. Il répondit en bégayant un peu :

 

- Ma…Majesté, si des êtres tels que vous existent dans mon pays, nul ne les a vus. Ce qui est certain c’est que l’on ne peut pas oublier une telle rencontre ! Vous êtes si… si belle.

 

La jeune femme sourit :

 

- Ainsi, les circonstances font de toi celui qui a été choisi afin de passer l’épreuve ! Tu parles bien mais de quoi es-tu capable réellement ? J’espère que tu ne me décevras pas, moi Nolwenn, Reine des Poséïdes…

 

* Extrait 3 :

 

- De sacrés gaillards ces nains, pouvez me croire ! Et, leur bière est fameuse. Allez, faut que je vous laisse ! Y a du travail qui m’attend.

 

Après un dernier geste de la main, le colosse s’éloigna. Artabos attendit quelques instants, avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres :

 

-Les nains ? Voulait-il dire que ces gens sont petits ? Ridiculeusement petits !

 

- Ah ça, gamin, ne dis jamais cela devant eux ou tu prendras la raclée de ta vie ! Pour eux, être nain, ce n’est pas une tare. Bien au contraire, c’est plutôt une fierté ! D’ailleurs, aucun nain qui se respecte n’est ordinaire. De plus ils vivent bien plus longtemps que nous autres humains…Non, on est Nain de père en fils ! De génération en génération ! Terranir est beaucoup plus qu’un territoire. C’est une nation ! Ancrée là depuis des lustres. Bourrus, bagarreurs et buveurs invétérés, diront certains. Artisans hors pairs et, habiles constructeurs pour ma part. Quand tu verras les armes sorties des forges de Terranir, tu ne les oublieras jamais !!

 

- Mais, d’où viennent-ils ?

 

* Extrait 4 :

 

Loros goba l’affaire et dès que le jeune homme se fut restauré, il l’emmena au dehors.

 

- Ecoute-moi, petit.  J’ai peut être une solution pour toi. Un de mes amis qui comptait sur son fils pour l’aider dans son commerce a vu celui-ci partir se faire enrôler dans l’armée du roi. Je pense que si tu lui proposais ton aide, il accepterait.

 

Les yeux d’Artabos s’écarquillèrent. Il se voyait déjà chevauchant en quête d’étoffes précieuses, de bijoux, d’armes fabuleuses. Loros tempéra ses rêves.

 

- Là, comme j’te vois, tu t’imagines une vie de fortune ! N’y comptes guère, mon gars! Tu auras juste gîte et couvert, sûr ! P’têtre un Argos d’or ou deux  de temps en temps. Mais surtout, tu vas voir du pays. Là tu peux me croire !

 

- Alors on y va tout de suite !

 

-Doucement, doucement, mon gars ! Et ta bonne amie?

 

Artabos ne put s’empêceher de rougir ce qui fit ricaner le vieil homme. Il réagit avec fierté:

 

- Marina? On s’est connus sur l’Elegante ! C’est une mercenaire, vous savez?  Et Sina son ami n’est pas des plus commodes.


Livre 2: Le Talisman de Bélisen  :

  * Extrait 1 : 

       D’abord, ils ne virent que le chien. Puis, en observant son manège, ils constatèrent qu’il n’était pas seul. Sortant du bois proche une silhouette se dégagea bientôt. Serrant contre elle son manteau de laine, une jeune femme attendait, visiblement apeurée. Ysaline qui était proche mit les doigts à ses lèvres et siffla. Aussitôt Neige dressant l’oreille cessa de hurler et vint rejoindre sa maîtresse.

      Les quatre amis s’avancèrent au devant de l’inconnue. Quand il fut à quelques pas, Jean la reconnut.           

      – Mansen ! Mais que diable faites-vous ici à une heure aussi tardive ! Voyagez-vous seule ? Cela ne me paraît guère prudent…

      D’un geste gracieux la jeune femme rejeta en arrière sa capuche, et regardant Jean elle dit d’une voix douce :

      - Un guide m’accompagne. Je suis heureuse de te voir, ami. Depuis mon départ du Temple je ne cesse de m’inquiéter. La Déesse en soit louée ! Mais dis-moi, qui sont ceux qui t’entourent ?

      - Excuse-moi Mansen. Voici Bran, haut Conseiller de Branicar ; Ysaline Princesse du Royaume ; Bracos et Mirtina du village de Ségar où nous logeons.

      Comme Jean parlait, un bruit les fit se détourner. Tenant deux chevaux par la bride un nain les dévisagea d’un air amusé.  

* Extrait 2 : 

      Avec prudence, Jean glissa le long de la paroi, son cœur battant la chamade. Une flèche engagée sur l’arc, il progressa jusqu’à atteindre une forme allongée dont la cuirasse brillait au soleil. Le corps paraissait curieusement disproportionné. Jean était maintenant face au soldat qui gisait, une flèche en travers de la gorge. Manquant s’évanouir, il se retint à la roche.

      Là, devant lui, à un pas à peine, le guerrier mort avoisinait les sept pieds. Mais ce qui terrifia le plus Jean fut de découvrir que son agresseur était une femme! La poitrine protégée par des plaques de fer, elle gisait, la tête sur le côté, ses longs cheveux blonds étalés sur le sol.Un moment paralysé par sa découverte, Jean tenta de se rassurer.

      - Après tout, il existe peut être des femmes mercenaires ? Ceux qui se battent pour de l’argent n’ont pas de frontières. Cette femme est sans doute exceptionnelle !      

       Mais il était dit que ce jour là Jean Tréblec ne serait pas au bout de ses surprises ! Laissant là son adversaire, il s’avança dans le passage en longeant la paroi, silencieusement. Plusieurs minutes passèrent. Jean qui ne relâchait pas sa surveillance n’entendit que le bruit lointain d’un cheval. Sans doute Zéphyr ?

      Le défilé s’élargit et Jean distrait un moment par le paysage sursauta quand il entendit crier. Alors elles surgirent, bardées de fer levant haut d’impressionnantes épées, la bouche tordue par la fureur. Jean tira son arme juste à temps, évitant le premier coup. D’instinct, le guerrier se plaqua contre le rocher.

* Extrait 3 : 

       Ému Jean accepta l’offre. Vara l’appela d’une voix autoritaire :

      - Dépêche toi ! Nous devons charger les pierres. Dégage le Talisman de ta chemise, veux-tu?

      Jean obéit, honteux de son comportement. Dés qu’il l’eut rejointe Vara entonna et Jean se sentit dans un état quasi euphorique. Se tournant alors vers ses amis la magicienne cria :

      - Postez vous hors du champ d’action des roches sacrées ! Je ne veux voir personne dans les axes nord, sud,  est et ouest. Restez entre ces limites ou vous perdriez la vie !

      Dès qu’elle vit ses amis hors du danger, Vara chanta d’une voix modulée. De nouveau une aura bleuâtre l’entoura, et quand elle ouvrit les yeux ceux-ci avaient pris une teinte lilas. Au cou de Jean le Talisman de Bélisen rougeoya. Peu à peu les pierres sacrées prirent une teinte orangée au fur et à mesure que l’éclair venant du pendentif les atteignait. Cette fois la lueur des roches baissa en intensité mais ne s’éteignit pas. Vara était à présent environnée d’une aura dorée et Jean d’un halo bleuté.

      Il y eut des cris, les premiers soldats approchaient. Vara cria pour que tous l’entendent:

      - Laissez-les venir à dix pas. Que les archers entrent en action. Après nous aviserons !       

      Ce fut donc un tir nourri qui accueillit les arrivants. Pourtant la réaction des soldats fut surprenante. Un autre rang se forma aussitôt derrière les morts et on entendit l’écho d’un sinistre rire :     

      – Jean Tréblec ! Comment peux-tu imaginer que quelques flèches m’arrêteront ? Nous avons l’avantage du nombre. Rends-toi et j’épargnerai peut-être tes amis !      Une flèche vint siffler à ses pieds. Ysaline se montra bien en évidence :     

– Misérable chien ! Ose seulement t’en prendre à nous !

      Un cri de rage lui répondit :

      – Tuez-les ! Je ne veux plus voir que leur dépouille !

   Les soldats sectiens se lancèrent à l’assaut. Vara attendit qu’ils soient à cinq pas et sortit du temple. Les gardes surpris hésitèrent un instant. La magicienne incanta. Il y eut un roulement de tonnerre et dix hommes tombèrent. Yaar malgré sa fureur réagit vivement. Vara n’eut que le temps de dévier la boule de feu qui lui était destinée. Ses cheveux roussirent mais elle n’y prêta pas attention, regagnant l’abri des ruines.

 

        Livre 3 : Les Roses d’Ebulia :

* Extrait 1 : 

      L’aube était naissante quand les cavaliers apparurent au sommet des collines. Tout entiers vêtus de noir, le visage caché par une longue bande de tissu qu’ils avaient enroulé autour de leur tête, ils attendaient. Au fond de la vallée, le village dormait encore. Les hommes à cheval demeuraient impassibles, leurs montures frappant parfois le sol du sabot. Petit à petit leurs rangs s’écartèrent pour laisser passage à celui qui les commandait. De grande taille, il montait un superbe animal de couleur blanche, aux traits élancés, mais musclé. Comme ses pairs, l’inconnu était entièrement drapé de noir. Des bracelets d’or enserraient ses poignets et, ses mains, s’ornaient de bagues aux riches pierres précieuses.

      Il dégagea du fourreau un poignard à lame courbe effilée. Sans un mot il le brandit devant lui.  La horde passa à l’attaque. Surpris dans leur sommeil, les habitants n’eurent pas le temps de réagir. Ce fut un abominable massacre. Enfants, femmes, vieillards, tous furent passés au fil de l’épée. Alors, l’un des cavaliers s’approchant du puits commun planta sa lance au sol. Un étendard y flottait, doucement agité par la brise matinale. Sur l’étoffe rouge sang, un dragon noir stylisé serrait dans ses griffes une antilope du désert.  Et aussi soudainement qu’ils étaient arrivés, les bandits disparurent.

  

* Extrait 2 :

      Alors qu’elle bandait l’arc les gamins se rangèrent d’instinct sur le côté. La flèche siffla, percutant la cible en plein centre.

      – Joli tir !, grommela Sinoïm. Mais, essayez donc celui de droite. Vous le voyez, avec sa poignée de cuir ?

      Comme Ysaline en testait la tension il ricana entre ses dents :

      – Celui-là, ma belle, je serais étonné que tu saches t’en servir !

      Dans son dos, une voix résonna :

       – Je prends les paris, mon ami !

      L’armurier se tourna, devinant une silhouette à demi dissimulée dans l’ombre. L’homme posa un doigt sur ses lèvres, lui intimant de se taire. Ysaline habituée au maniement des armes avait bien deviné le piège : l’arc demandait une tension extrême pour être bandé. Elle cligna de l’œil à l’intention de Jean. Puis, avec douceur elle banda l’arc, flèche encochée.

      Quand la corde claqua, l’armurier suivit des yeux le projectile qui vint s’enfoncer le long de l’autre flèche avec un bruit sec.

      – Par les Dieux ! Jamais vu ça !

      Quittant l’ombre le mystérieux visiteur éclata de rire.

       - Quand on connaît Ysaline de Branicar, on évite de la provoquer !

      En entendant la voix, la Princesse lâcha l’arc et courut.

      -Souchir ! Quelle joie de te revoir !

* Extrait 3 :    

      – Inutile de détruire tout ! Je ne tiens pas à effacer Naktoub de la surface du Naktar-San ! Non, simplement lui faire se souvenir des Abn Dazil et de leur dragon d’ébène.

      Le Palais royal  profilait son élégante silhouette, véritable joyau d’architecture.

      - Attends un moment !

      Nakri ralentit, planant lentement en cercle au dessus des murailles blanches finement décorées. Samar observa les lieux et sourit. Il venait d’apercevoir deux silhouettes haïes : Rixar et son ombre, Pamar. Un instant le prince envisagea de les détruire. Mais, c’était trop simple, si simple en fait ! Une détonation retentit à deux doigts des ailes de Nakri. D’un mouvement rapide, le dragon se déplaça.

      – Samar, comment oses-tu t’en prendre aux tiens ?

      Le prince dragon ignora le message mental de Pamar. Pamar, son ancien ami ! Une seconde déflagration explosa près du cou du saurien. Puis, deux autres sur les flancs.

      – Cette fois je vais les … 

      - Non Nakri, attends encore. Tu peux les éviter !

      Le dragon partit en vrille pour réapparaître de l’autre côté de la citadelle.

      - Maintenant, Nakri !

      Le saurien évita un premier projectile explosif, virant sur l’aile droite. Puis, après un piqué au ras des murs, il lâcha un souffle brûlant. Et, à grands coups d’ailes, Nakri s’éloigna plein ouest.  Samar jubilait :

      – Bien sûr, mon ami. J’allais oublier.

    Ce fut avec stupeur que les navires mouillant à quai virent s’approcher le monstre. Nakri passa au ras des mâts, brûlant les bateaux. Quand ils quittèrent le port de Waroub, il ne restait des navires qu’un immense brasier, éclairant d’un rouge sanglant la mer immobile.  

* Extrait 4:

Lorsque les voyageurs entrèrent dans l’auberge accompagnés du villageois, celui-ci se dirigea vers le tenancier avec qui il parla un moment. Falan nota les quelques personnes attablées çà et là : des habitués, des paysans, commerçants. L’aubergiste vint vers eux  d’un pas lourd. Il devait peser pas moins de vingt cinq livres, tout en muscles, l’air amical.

-           Alors, il paraît que vous cherchez un guide pour Santeg ?  Pour la chambre et les repas, ça fera, disons, trois Argos d’or !

Ros mit la main à sa bourse et déposa dans la main de l’homme les pièces demandées.  Celui-ci sourit et leur montra une table :

-          On va venir vous servir !

Dès qu’ils furent assis, Falan glissa à l’intention de Ros :

-           Cet homme nous a roulés ! Le tout ne valait pas deux Argos au bas mot !

-          Qu’importe ! Nous n’avons pas intérêt à nous brouiller avec ces villageois, je crois.

Falan soupira :

-          C’est vrai que nous sommes des étrangers. Je me demande bien quel guide on va nous trouver !

Artabos répliqua :

-          Vous ne connaissez donc pas cette région, Falan ?

-          J’y suis venu plusieurs fois, mais pas au point de connaitre les chemins à prendre pour regagner rapidement la côte.

Comme l’aubergiste approchait, porteur d’un plateau, Falan se tut.

-          Ce soir c’est potée de légumes ! Tout vient d’ici, rien que du légume de saison. Je vous ai ajouté trois bières, offertes par la maison.

Cette fois, Falan sourit :

-          Ah, merci !

L’aubergiste ricana, semblant s’amuser face à la réaction de l’étranger.

-          Je sais pas ce que vous avez imaginé ? Mais, par ici on n’est pas des sauvages !

Devant l’air surpris du mercenaire, le gaillard éclata carrément de rire :

-          J’ai une autre surprise pour vous ! D’ici peu, des musiciens vont venir. Nous avons l’habitude de chanter et danser par ici, vous savez !

L’aubergiste s’éloigna vers d’autres clients avec qui il parla en ami. Ceux-ci se tournèrent vers le trio de voyageurs et se mirent à rire.

-          Eh bien, ça y est, cette fois nous voilà considérés comme des originaux, lâcha Falan.

Ros sourit :

- Oh, c’est plutôt bon enfant, non ?

En entendant la porte s’ouvrir, Artabos se tourna :

-          Regardez, ce doit être les musiciens

*Extrait 5:

Assis à même la neige, une blessure à l’épaule imprégnant son vêtement, le brigand capturé regarda agressivement Falic, l’homme des Hautes terres qui le dominait, silhouette au long manteau dont les pans voletaient au vent.

-          J’ai rien à vous dire ! On nous avait juste prévenus qu’il y avait des voyageurs…

-          Et on peut savoir qui est ce on ? Falic fronça un sourcil.

Le gaillard soupira, entendant les frères de Falic s’approcher, leurs pas faisant crisser la neige durcie.

-          Un gars à nous ! D’habitude, y’a pas de soucis.

L’homme des Hautes terres éclata de rire :

-          Voyez-vous ça ! Pas de soucis…Combien de malheureux avez-vous trucidé froidement par le passé ?

Le gaillard serra les poings et contracta les mâchoires. Janic et Fanic firent un pas de plus. Le brigand lâcha à toute vitesse :

-          Là d’où on vient, il n’y a que des ajoncs et des cailloux. La terre est pauvre et…

Falic répliqua sèchement :

-          Et tu trouves toi que cela justifie tes actes ?

-          Faut bien vivre, messire !

-          Tu n’es qu’un vil parasite !! Dis-moi, l’homme, avez-vous organisé quelque autre traquenard sur cette route ?

L’homme assis ricana :

-           Là, mon gars, à toi de deviner…

Falan, cette fois, réagit :

-          Immonde assassin ! Je devrais te…

Falic lui tapa doucement sur l’épaule :

-           Laissez tomber, Falan, il n’en vaut pas la peine !

Le regard méprisant, Falic se détourna, reprenant son chemin. Le brigand eut alors un geste insensé. De la main, il saisit un coutelas dissimulé dans sa botte, qu’il lança dans la direction du guide des Hautes terres, visant traîtreusement le dos.  Couteau que Janic évita facilement d’un revers de lame pendant que son frère Fanic déclenchait un feu magique. L’homme, atteint en plein visage, s’écroula dans la neige.

-          Voilà qui va occuper les loups un moment ! ajouta Janic.

En l’entendant, Artabos l’apprenti, déglutit, imaginant les bêtes puissantes se ruer sur les cadavres. Une main se posa sur son épaule, ce qui le fit reculer d’un bond. Ros lui sourit gentiment :

-          Allons, mon garçon, il est temps de partir.  La route est longue…

 

 



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